Il faut rappeler au départ que toute notre approche vise depuis le début à réduire la probabilité d'un déficit: le caractère conservateur du règlement régissant les RRFS en ce qui a trait à l'indexation (financée mais pas garantie), la formule conservatrice d'achat de la rente (le 100$ pour 10$), la politique de financement qui va exiger de constituer une réserve de 10% avant d'accorder toute indexation, etc... À tout le moins, notre approche vise à minimiser l'ampleur de tout déficit éventuel. Les études actuarielles pour mesurer le risque du régime réalisées l'été dernier par une firme externe d'actuaires, SAI, confirment la prudence de notre approche et le caractère très modeste du risque auquel nous sommes exposés. S'il devait malgré tout se produire, la cotisation de tous les participants sera augmentée du pourcentage requis pour absorber ce déficit sur 5 ou 15 ans, selon la nature du déficit, en tenant compte du poids relatif du passif des actifs de chaque group pour répartir le fardeau du déficit parmi les différents groupes participants. Comme les groupes vont pouvoir changer périodiquement leur taux de cotisation, certains vont peut-être décider de réduire la cotisation régulière des participants pour absorber, en tout ou en partie, la cotisation additionnelle pour le déficit, ce qui implique que le rythme d'accumulation des nouveaux crédits de rente sera ralenti pour cette période. Il y a donc une «soupape» en place au besoin.
Il faut ajouter que si un groupe décidait de se retirer en réaction à la présence d'un déficit, ce à quoi ils auraient droit serait [la valeur présente de la rente acquise] MULTIPLIÉE PAR [le taux de solvabilité du Régime à la dernière évaluation]¸. Si un groupe devait se retirer et que le régime a alors un déficit de, disons, 10% (c'est un exemple très peu probable, mais je sors ce chiffre pour illustrer mon propos], chaque membre ne recevrait que 90% de la valeur de sa rente acquise (inversement, si le régime a, par exemple, un surplus de 15%, chaque membre reçoit 115% de la valeur de sa rente acquise). Les membres qui se retireraient immédiatement encaisseraient du coup la perte de 10%, alors que ceux qui attendraient auraient de bonnes chances de voir la solvabilité remonter éventuellement à 100% et ne pas perdre ainsi le 10%. De plus, comme chaque groupe qui part se retire avec sa part de surplus ou de déficit, celles et ceux qui demeurent ne se trouvent donc pas à devoir assumer le déficit de celles et ceux qui ont quitté. Plus fondamentalement, en se retirant, les gens perdraient la garantie d'une rente qu'ils avaient acquise pour le reste de leur vie durant et l'échangeraient pour un capital dont le rendement est incertain: ils seraient donc encore plus à risque qu'ils ne le sont en demeurant à l'intérieur de Régime.
Évidemment, comme c'est le cas pour tout autre régime de retraite et, de façon générale, pour tout véhicule d'investissement, nous prenons pour acquis que la gouvernance du régime et les règles que nous allons nous donner vont s'inspirer des meilleures pratiques afin que le régime gagne et conserve la confiance de tous les participants et participantes ainsi que des groupes. Voilà pourquoi nous avons déjà tant travaillé la gestion des risques et que des balises en matière notamment de gouvernance, gestion du risque et politiques de placement, financement et utilisation des surplus seront en place avant même que le premier dollar de cotisation ne soit versé dans la Caisse. Si nous n'étions pas disciplinés et exigeants envers nous-mêmes sur cet aspect, on pourrait alors craindre une mort éventuelle du Régime, ce que personne d'entre nous ne souhaite.