La relation des femmes
avec le pouvoir
Matériel complémentaire à la formation

Fiches de lecture
Pouvoir... ensemble
L’engagement politique et l’exercice du pouvoir.

Perron, Lucie (sous la coordination de). 2004. Pouvoir… ensemble, Québec, Centre-Femmes La Jardilec.

Résumé

Ce cartable de référence et d'animation vise à sensibiliser et à inciter les femmes et les jeunes à l'engagement politique, à l'exercice du pouvoir et à la représentation égalitaire.

Quelques informations
Peur de s’engager Beaucoup de femmes ont peur de s’engager en politique pour diverses raisons :
Peur de l’échec, peur de fragiliser son image auprès des autres, poids de la culpabilisation, peur de reproduire le seul modèle connu, peur de la division entre les femmes et entre les femmes et les féministes, peur d’être salie ou bafouée par le candidat ou l’équipe adverse, peur de l’isolement qu’engendre le pouvoir, peur des étiquettes, peur de succomber à l’ambition, peur d’être jugée vaniteuse ou arrogante, peur d’être mal vue dans son milieu de travail, peur d’être une mauvaise mère ou épouse… (p. 40)
Vocabulaire utilisé Le vocabulaire employé dans le monde politique est critiqué par beaucoup de femmes. Celui-ci a souvent une connotation militaire qui lui donne une logique conflictuelle plutôt que d’accentuer la recherche du bien commun (ex. : vainqueur / vaincu, se livrer combat, lutter, monter aux barricades…). (p. 40)
Valeurs et normes Plusieurs valeurs et « normes » partagées dans le monde politique sont déplorées par beaucoup de femmes : la compétition (versus travailler ensemble), la confrontation (vs la coopération et le partage des idées), la performance (peu de femmes souhaitent tout abandonner pour se lancer en politique, leur disponibilité a des limites), élitisme (les personnes favorisées socialement accèdent plus souvent au pouvoir), hiérarchie, autoritarisme, vie partisane (suivre la ligne du parti), individualisme (chacun pour soi vs travailler ensemble pour le bien commun), rationalité (souvent, le rôle des émotions est nié), référent masculin (on attend des élues ce qui est traditionnellement encouragé chez les garçons et les hommes : disponibilité entière – sans considération pour les tâches familiales – compétition, assurance, fermeté, contrôle des émotions, etc.). (p. 40-42)
Eviter la confrontation  Généralement, les femmes redoutent les désaccords et la confrontation, elles souhaitent que chacune ait sa place et se sente bien. Elles ont peur de ne pas assumer qu’elles ne sont pas toutes – et pas toujours – d’accord. Elles recherchent l’harmonie.
La culture du consensus  La culture du consensus est de plus en plus questionnée. Plusieurs voient la nécessité de favoriser les débats, de questionner, de dire les choses plus librement. Car si le consensus a des avantages (il favorise le respect de l’autre dans la discussion), il a aussi des limites (la recherche du consensus peut astreindre au silence certaines femmes pour éviter d’énoncer un point de vue discordant).
L’ambition L’ambition est souvent mal perçue par les femmes : on y voit de l’orgueil, de la vanité, un certain goût pour la domination.
Par ailleurs, la légitimité de l’ambition des femmes est souvent questionnée : est-ce admissible pour une femme de s’engager en politique sur la base de l’ambition ou de l’avancement personnel, ou doit-elle seulement répondre à des motivations altruistes? (p. 45).
Des obstacles à l’implication politique des femmes
  • L’histoire : il n’y a pas si longtemps, somme toute, que les femmes sont des citoyennes [Le droit de vote des femmes fut acquis en 1918 au Canada et en 1940 au Québec].
  • La socialisation des femmes.
  • Le portrait-type de l’élu : homme blanc, plus riche et plus instruit que la moyenne.
  • L’argent : inégalité socio-économique des femmes et des hommes.
  • Le temps : partage inéquitable des tâches familiales.
  • Les partis : les critères de recrutement reposent souvent sur l’appartenance aux boy’s club, milieu des affaires, etc.
  • Le système électoral et politique : vocabulaire guerrier, stratégies donnant-donnant (vs consensus, coopération, écoute).
  • Conditions de vie de l’élue : les disponibilités devraient être sans limites (donc peu de place pour la vie de famille).
  • Les préjugés des femmes envers elles-mêmes : syndrome de la non-compétence, malaise face à l’ambition et à la compétition, peur de perdre son identité, méfiance…
    (p. 100)
Des lieux d’implication 
possibles
  • Agences de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux
  • Associations de commerçants, d’artisans
  • Caisses populaires
  • Centres de femmes, groupes de femmes, tables de femmes
  • Chambres de commerce, Clubs des Lions, Clubs Rotary
  • Comités des aînéEs, centres du troisième âge
  • Comités des usagers et usagères dans le milieu hospitalier
  • Comités de parents, garderies et écoles
  • Commissions scolaires
  • Conseil d’éthique et de bioéthique
  • Conseils de gestion de groupes sportifs, culturels, éducatifs en milieu jeunesse
  • Conseils de paroisse
  • Conseils de ville
  • Coopératives alimentaires, funéraires, d’habitation
  • Corporations professionnelles
  • Maisons de jeunes, maisons de la culture
  • Mouvements et groupes environnementaux ou atermondialistes
  • Partis politiques
  • Réseaux des femmes d’affaires
  • Syndicats
    (p. 137-138)

TÉLÉCHARGEMENT

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