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Martine Desjardins

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  • + Année: 2012
Chaque année, Relais-femmes rend hommage à une femme, tantôt issue des groupes de femmes, tantôt issue de l’université. Cette année, c’est l’année universitaire.

Chaque année, Relais-femmes rend hommage à une femme, tantôt issue des groupes de femmes, tantôt issue de l’université. Cette année, c’est l’année universitaire.

La femme à qui nous rendons hommage est une étudiante au doctorat, à l’UQAM, en éducation, mais c’est aussi une femme qui a travaillé pendant plusieurs années au sein de l’organisme 1, 2, 3, GO ! Saint-Michel.

Elle n’est pas vraiment connue, mais on l’a vue quelquefois à la télévision… On aura d’abord remarqué son sourire, puis son espèce de carré rouge ! Cette femme, vous l’avez reconnue, c’est Martine Desjardins, la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) depuis 2011.

Nous avons retrouvé quelques passages d’entrevues accordées par Martine… que vous apprécierez sûrement et qui nous la feront mieux connaître !

Dans une entrevue, Martine dit : « Au début, je n’étais pas prise au sérieux. On parlait aux gars qui étaient avec moi au lieu de me parler. C’était insultant. Maintenant, les choses ont changé, mais je trouve qu’une fille doit travailler plus fort pour que l’on reconnaisse sa stratégie politique. » Nous savons bien de quoi elle parle, n’est-ce pas ?

Martine ajoute « De façon générale, je dois souvent débattre davantage que mes collègues. On va reconnaître le côté rationnel et posé de Léo, le côté rebelle de Gabriel et moi, on ne sait pas trop. En fait, on dit que je cimente le tout, et je trouve ça drôle. »

Oui Madame Martine, c’est drôle, mais à la longue, c’est lassant !

Martine dit encore et cela va vous faire rire, jaune ! : « Si Léo et Gabriel ne sont pas rasés, sont mal peignés, s’ils semblent fatigués, c’est qu’ils travaillent fort. De mon côté, si j’ai l’air fatiguée, c’est que je suis complètement épuisée, débordée par ce qui se passe. Un jour, je n’avais pas eu le temps de me maquiller; le lendemain, un article est sorti disant que j’étais complètement dépassée. Ça ne pardonne pas, alors j’ai appris à mettre du cache-cernes ! »

Mais nous autres, Martine, ce que nous avons vu, c’est une femme souriante, toujours en contrôle, très présente, ferme, cohérente et équilibrée. Et cela nous a plu… beaucoup plu !

Finalement, Martine dit d’elle-même : « Je suis une fille au jour le jour. Si on m’avait dit, il y a deux ans, que je serais à la tête de la FEUQ durant le plus grand mouvement étudiant du Québec, j’aurais trouvé ça très drôle. Ma famille, mes amis et même mes anciens directeurs de maîtrise sont très étonnés, car ce n’était pas du tout dans mes aspirations. Je ne suis pas très carriériste, c’est pourquoi je ne sais pas ce que je vais faire après mon mandat. Je n’ai pas de plan défini. »

Chère Martine, il y en a plusieurs parmi nous qui t’ouvriraient les portes de leur organisme… avec leurs hommages !

Merci Martine… merci du rôle que tu as joué tout au long de cette crise !

Martine elle-même tient à préciser que elle n'a pas travaillé seule, qu'elle a une équipe, d’autres filles avec elle qui ont mené cette lutte, dans son association, mais aussi dans les autres.

Nous saluons donc toutes les filles parmi nous qui se sont aussi mobilisées, chacune à sa façon, chacune avec le temps qu'elle pouvait y mettre. Toutes les filles des associations étudiantes qui se sont mobilisées, partout au Québec. Les Jeanne, les Camille, les Anne-Marie, les Élianne et toutes celles qui suivront !

-- Relais-femmes

La réponse de Martine Desjardins :

Je suis très touchée et j'accepte bien humblement l'hommage que Relais-femmes me fait en soulignant mon implication en tant que femme et universitaire dans la campagne contre la hausse des droits de scolarité. Durant la campagne, plusieurs femmes ont été au front pour défendre l'accessibilité aux études qui allaient les toucher plus directement que les hommes. Elles ont été en première ligne et je tiens à souligner que cet hommage est largement partagé avec l'ensemble des femmes, militantes et combattantes des derniers mois. Sans elles, je n'aurais pu être dans l'espace public pour les défendre.

En effet, nous avons cherché à développer un discours détaillé sur la hausse des droits de scolarité et les impacts négatifs qu'elle aurait pu causer. Impacts qui, on le sait, sont plus importants pour les femmes. Durant leurs études, elles vivent souvent dans une situation de précarité plus grande que leurs collègues masculins. Elles ont plus souvent la charge d'un enfant, mais l'aide financière comptabilise encore de façon erronée la pension alimentaire comme revenu de la mère. Elles doivent donc en plus de s'occuper de l'enfant, d'étudier à temps plein, travailler pour combler le manque à gagner, ce qui les met à risque de décrochage scolaire. Aussi, encore aujourd'hui, en 2012, les femmes gagnent avec le même diplôme moins d'argent en moyenne que les hommes. Un long travail reste à faire pour combler ces inégalités. Et la FEUQ, comme elle l'a fait durant la campagne, continuera à débattre et à construire un argumentaire cohérent de la situation plus précaire des femmes dans la perspective du sommet sur l'éducation supérieur qui devrait avoir lieu l'année prochaine.

Je tiens à remercier Relais-femmes pour cet honneur et son travail assidu à la défense du droit des femmes toutes générations confondues. 

Martine Desjardin